27.1.11

A tire d'aile


14 – Donner un nom – Animal – Réminiscence




Ils m’ont nommé Albatros
Ils ont écrit des poèmes
Ils ont mesuré mes ailes
Ils se sont moqués de mon envol
Ils ont admiré ma vie en l’air
Ils ont percé le secret de ma glande nasale
Ils ont compris ma capacité à dormir en vol
Ils ont volé mes œufs
Ils se sont même pris pour moi
Mais jamais ils n’ont su prendre une vague de biais
Jamais ils n'ont connu l’ivresse d’une vie toujours en mouvement
Jamais ils n’ont pu imiter le profil de mes ailes
Jamais ils n’ont volé seul et libre
Jamais ils ne seront Albatros…

Catherine



14 – Donner un nom – Animal – Réminiscence

- Tu sais, ça arrive parfois quand on s’approche du pays aux jours infinis, qu’on se pose sur ces blocs froids, blancs avec des reflets « dos de sardine ». Ben perso, j’aime plus la sensation que ça procure. Bien sûr, avant, comme tous les jeunes, j’adorais cette immobilité qui fait tourner la tête, mais avec l’âge, on a le bréchet fragile, surtout après la pêche. Je tiens plus l’arrêt comme à l’époque. Le poiscaille me remonte dans la glotte et je sais plus où j’habite. Tu te souviens de Bator ? Ben à vouloir faire le petit jeune, c’est en petit déjeuner qu’il a fini. Non, faut pas jouer avec ces conneries d’immobilité quand on a plus tous ses réflexes.
- T’es gentil Alby mais t’es quand même pas le dernier à retourner sur l’Îlot aux Louloutes !
- Ouais mais là, c’est pas pareil et puis si t’observes bien ma technique, tu remarqueras que je mets jamais la palme à terre. Je prépare mon approche et je me pose direct sur le dos de ma Poulette qui tangue de bonheur. Je lui fais le coup du bigorneau folâtre et bonsoir Alba. Les bonnes années, je fais ça trois-quatre fois et cap au large. Le mouvement, j’te dis ! C’est ça la vie. Quand le monde bouge pas sous moi, y’a quelque chose qui va pas. J’ai pas raison ?

Alfred



Au fil de l'eau


21 – Nous ou Vous – Humain – Sciences-fiction



Nous avons décidé de nous unir, ils ne peuvent plus se conduire en race supérieure, il ne faut plus qu’ils croient en leur conscience unique. Nous aussi sommes de chairs, nous aussi nous savons, du plus profond des entrailles, nous sentons les vibrations. La terre est notre terre, l’océan est notre espace. Depuis toujours, ils nous chassaient en jetant ça et là quelques toiles de mailles, les plus fous d’entre nous cédaient à la curiosité d’un monde sans eau. Très peu en sont revenus et encore moins furent ceux qui les crurent quand ils nous rapportèrent leurs récits d’aquarium. Longtemps, nous n’avons rien su du mot prisonnier, nous  en avions seulement une vague connaissance grâce à nos cousins les oiseaux. Une seule chose était claire : si nous sortions de l’eau séduit par leur leurre, nous ne revenions jamais. Un jour, ils multiplièrent les toiles et se mirent à construire d’immenses villages rien que pour nous. Nous avons d’abord cru à un honneur mais leur bouffe était vraiment trop mauvaise. Tout cela ne sentait point l’amitié. Notre espèce est parfois vraiment sotte à se laisse berner par la moindre excentricité. Une fois de plus, les oiseaux nous aidèrent, Manchots de Magellan, Goélands, Cormorans en tête, ils plongèrent encore et encore afin de cisailler de leurs becs, les toiles humaines. Quand nous pûmes nous échapper, nous fument désorientés, certains moururent de faim, d’autres savaient à peine nager mais plus jamais les hommes nous ont leurré, foi de vieux saumon !
Catherine


21 – Nous/vous – Humain – SF                        22/01/2011

Comment se préparer à l’inconnu ? Comment prévoir l’imprévisible ? Se nourrir, se protéger du froid ou de la chaleur, quel est l’indispensable ? À quoi les pionniers doivent-il penser en priorité ? Peut être faut-il nous préparer à ne pas revenir et accepter de perdre ce à quoi nous tenons ? Peut-être est-il bien tard pour nous le demander ?
Il est hors de question de faire demi-tour, déjà nous franchissons les frontières du monde et nous nous enfonçons dans cette exploration au-delà du réel. Aucun de nos aînés n’a su en revenir mais cette fois encore l’appel est le plus fort. Plongés dans un espace sans repère extérieur certains d’entre nous, déjà, se sont éparpillés, fondus dans le néant faute de cohésion. Rester soi-même entièrement, sans laisser s’échapper la moindre de ses cellules, sous peine d’hémorragie, sous peine de voir nos tissus se détricoter, par systèmes d’abord, par organes ensuite, par amas cellulaires, molécules, atomes, jusqu’à redevenir probabilité d’onde et puis information. Ils n’existent plus que sous forme d’idées dans l’esprit de ceux qui sont restés unis et que l’expérience effraie. Qui pensera à nous quand le dernier des nôtres sera éparpillé ? Ceux qui sont restés, bien sûr… Pendant un temps nous serons des héros, puis ils nous oublieront.
Ont sont passés les autres ? Je suis donc le dernier ? Je dois penser à moi, à mon corps, mes idées, tout passer en revue, mes os comme mes cheveux, dehors comme dedans. J’ai appris à le faire mais la peur me submerge. Mes émotions ! Elles aussi me construisent, je dois les observer. Si elles me quittaient, je n’y survivrais pas. Ma volonté faiblit et mes pensées s’embrument. Déjà elles s’éloignent, perdent leur acuité. Qui, que, quoi, dont, où… Comptine joyeuse. Je vibre… Vibre…… Douceur……… Joie………… Oui……………
Alfred 

25.1.11

Nuit blanche sans "e"

libre-libre-libre-libre

La conviction planait sur son coussin: il dormait! Un vrai nourrisson sans doudou. La nuit apportait la paix. Pas un bruit, sinon un tic-tac qui insistait, on n'avait jamais su pourquoi...Quant à moi, il fallait pourtant dormir, pas finir mon roman(d'amour pour sur!). Un contact: sa main glissait sur mon bras puis sur mon cou. AHH! mais ça va pas, non? La strangulation m'indisposait toujours autant...Ouf! il lachait ...Alors, m'incrustant sous un drap, m'appuyant sur son soupir, vagabondant dans un clair cosmos......mais chut! Dormir.

16.1.11

Rescapé


3 - Je - Libre - Carnet de voyage

Je me limoncito
Je me buenos aires
et glisse le vent sec

la neige de papiers
tombe à mes pieds
la gloire me sied

Catherine

15.1.11

L'explorâleur


Libre - Libre - Libre - Libre

C’est vrai, j’ai parcouru le monde
J’ai vu Delhi
Et la Terre Adélie
C’est vrai que la Terre est ronde

Mais du Chili
J'ai vu la pluie

Apéritifs



3 - Nous ou Vous - Humain – Poésie
Dans la grande cuisine
Une odeur fine
Nous deux, nous marmitons
Catherine

Vous les Mapuche sans capuche
Si loin de vos cyprès
Vous nous mettez l'eau à la bouche
Alfred

7 - Je - Libre - Suspense
Il faisait chaud, les abeilles attaquaient, rendues agressives par l’orage qui approchait. J’avais sorti le long couteau au manche d’os, sa lame brillait. J’y passais ma langue, la fraîcheur de l’acier me ramena un instant sur terre. Une dernière fois, je faillis renoncer mais c’était bien trop tard. Cela devait être accompli, j’avais promis, il y a longtemps déjà. Les abeilles excitaient ma détermination, alors je me suis levée doucement de ma chaise, j’ai avancé vers elle, j’ai attrapé son cou et j’ai planté le couteau. Le sang coula dans le récipient, la vieille poule était morte et j’allais enfin savoir si ma sanguette valait celle de ma grand-mère
Catherine


J’ai décidé de changer les règles du jeu. J’ai décidé de prendre la main, de me prendre en main, de t’enlever sans demander ta main. J’ai décidé de t’emporter et, haut la main, de gagner ton hymen. Je vais la jouer comme une attaque à main armée, en criant « Haut les mains ! » pour pouvoir, sans me faire prendre, me pendre à ton cou. Je vais faire ça en un tournemain, sans coup férir. J’ai mon plan et, sans rire, il va réussir ! Demain…
Alfred

12.1.11

Haïku

3 - animal - libre - poésie


Sous la fine pluie
dégoulinant de la fleur
l'escargot bave

8.1.11

Recette spécial fées



libre - nous ou vous - recette - invisible

Vous les fées! Vous n'en avez pas marre d'être ainsi?  Voici un secret, une recette:
- de la perfection
- quelques défauts mais pas trop
- de la hardiesse
- de la délicatesse
- de la méchanceté (quand même, oui!)

Versez dans un récipient quelconque 1 gramme de perfection.
Ajoutez à ceci une pincée de défaut.
Dans un autre récipient versez une louche de délicatesse,
puis émiettez un bout de hardiesse.
Battez la méchanceté en neige.
Mélangez le tout.

Pour une personne, à consommer avec modération.
Multiplier les doses si besoin.

Merci à toutes, bonne chance.

(Solène)

RUMBA



14 - Je - Science-fiction - Humain

Bonjour, je m'appelle Ali-Bili Boule,
je suis jaune fluo, j'ai trois yeux au bout de mes antennes.
J'habite dans une ville GENIALE qui s'appelle Yogo-Yab.
Ici tout le monde vit bien. Nous, les yabiens,
nous nous nourrissons essentiellement de Play-carottes.
Ce sont des sortes de grosses graines orange
ou verte selon les saisons.
En fait tout le monde vit bien sauf le roi et la reine
monsieur et madame Oubaki, car un de leurs 23 enfants
est mort d'une terrible maladie: vous commencez par être rouge
pour tourner au violet puis au jaune (couleur de base des yabiens)
et d'un coup vous explosez,
ceci pendant 2 à 10 minutes.
Chez nous on appelle ça la Rumba.

(Solène)

Obstacle obstiné

3 - tu - Minéral - Libre



Au début du voyage je ne voyais à peine que tes monts enneigés
Puis doucement tes falaises escarpées ont commencé à m'approcher
Alors pourquoi aujourd'hui ne me laisses-tu pas l'honneur de pouvoir t'enjamber?

(Colin)

Fougère en hiver

Végétal - Tu - 14 - Poésie



Tandis que dans le froid tout est mort alentour
Ton tapis vert a soif du bruit de l'eau qui court
De la brise légère caressant tes cheveux
Telle une main fidèle aux doigts longs et soyeux
Tes nervures s'abreuvent aux rêves abyssaux
Des matinées frôlées par l'éveil des roseaux
Embués de rosée, frissonnant sur la rive
Aux couleurs d'opaline qu'un doux soleil ravive
Repliée sous la neige aux mille éclats de verre
Tu attends que d'un geste le printemps te libère
Et dans l'hiver glacé il te faut patienter
Te nourrir de l'attente où il t'a enfermée
Te laisser embrasser par ses lèvres gelées
Et ne rien oublier de ta splendeur passée

3.1.11

Improbable poème


Libre - Libre - Libre - Libre 


Sain quand t’aimes

Pendant qu’Alfred fait une pause, je fais une ménopause
Ne riez pas, ne pleurez pas
Je dégouline, je grelotte
J’espère puis me désespère
Mon hypophyse frise la crise
Elle sait plus où elle en est
Elle fait de yoyo et moi avec
Mais non, rien de rien, je ne regrette rien
Ce voyage me fait du bien
Car au lieu d’avoir mal au dos, de compter les kilos en trop
De frémir devant mes roploplos ramollos
Je m’affine, me câline
Me fais masser, ça fait passer vieilles douleurs et capitons
Car à la cinquantaine, la ménopause, c’est pas du bidon
Alors que conclure
Allez mon corps, encore un coup de sang, histoire de calmer tout ce ramdam
Et dire que j’ai râlé devant mes lunes précises comme des pendules
Ou bien, corps chéri bibi, comprend qu’il va falloir te débrouiller autrement.
Allez mes hormones, je compte sur vous, soyez bien bonnes, organisez-vous !

2.1.11

Protéines


C'est le premier de l'année !
3 - Je - Libre - Carnet de voyage

Je me re-incarne en Argentine lorsqu'apparaît la parilla

Je grille de galoper les pampas qui m'appellent

Je rêve d'une écriture sanguine qui cesse de végéter