30.4.12

Touriste


Libre –Tu – Libre – écriture automatique


Tu es là comme une touriste, tu es là comme une femme qui cherche, tu es là, les rickshaws pétaradent, les balayeuses balaient, les vaches paressent, les hommes cuisinent, les shivas dansent, les bouddhas rigolent, les croix scintillent au néon, les croissants étoilés se balancent dans le ciel, les collines couvertes de théiers pètent d’un vert à vous regonfler un foie fatigué et toi tu es là, tu baguenaudes, tu observes, tu marches, tu manges, ici ou là-bas, tu cherches… la paix.

Catherine

18.4.12

Oup, oup, oulipo 2




I - Logo-rallye

Cet animal avait deux faces

Non

Si c’est chaud, ce n’est pas froid mais est-ce si sûr ? 
Michel regarda son chat couché sur le rebord de la fenêtre, derrière lui, un ciel de pluie et de soleil arrosait la vallée d’un gris métallisé, ourlé d’or argenté. Au loin l’océan hurlait pour conjurer l’ombre noire de la montagne. Michel s’éloigna de ses pensées tristes sans y prendre garde, un air joyeux s’échappa de ses lèvres. L’amour reprenait ses droits sur sa haine, c’était si simple, s’éloigner dans la contemplation. Confiant, il se tourna à nouveau vers son chat et le paysage mais l’instant de grâce ne revint pas, méfiantes, ses pensées se tenaient droites face à cette soudaine volonté de les larguer pour voguer dans le vide. Pas question qu’elles se laissent faire. Elles se regroupaient, vengeresses, prêtes à en découdre avec sa bienveillance depuis longtemps endormie. Elles gagnèrent ces bougresses à la dent dure, elles ne lâchaient pas du mou pour une simple intention passagère. On ne devient pas méditant en claquant des doigts, se dit-il à nouveau en accord avec ses vieilles copines. Il mesura fugacement la prison qu’il avait patiemment érigé en criant ses désirs de liberté. Un homme libre, mon œil, gloussaient ses pensées requinquées, tout cet ailleurs que tu espères, te ramènent ici. Michel les balaya en les saluant : vous reviendrez, je le sais mais vous ne m’enlèverez pas la liberté de vous chasser. Il regarda son chat et eut l’agréable sensation d’y déceler un sourire. La pluie avait cessé.

II - Sardinausore

Vacheval
Le vacheval vivait dans la contrée du Durmou. Longtemps domestiqué pour son eau de joie qui garantissait à son propriétaire un soir de félicité et d’enthousiasme tous les 4 jours. En effet, il faut 4 jours à un vacheval pour distiller l’herbe en eau de joie. 1 jour par estomac pour que l’alchimie propre à cette espèce, produise ce breuvage divin. En échange les propriétaires traitaient les précieux animaux avec un grand respect, du moins jusqu’en 1789. 
En l’an 2177, les vachevals (et pas vachevaux, na !) furent déciminés par un mystérieux virus. Tous les savants de la terre se perdirent en conjecture mais rien ni fit, les vachevals devinrent si précieux que seul le roi en possédait encore quelques uns. Ce que l’homme ne comprit jamais c’est que le vacheval ne peut distiller son herbe que s’il est traité avec bienveillance et non pas comme un objet de laboratoire. L’eau de joie n’est plus maintenant qu’une vieille légende que les jeunes mettent en doute. Tant d’argent dépensé pour cet animal chimérique, leur semblait indécent. Demain, le vacheval disparaîtra définitivement, c’est pourquoi mes chers camarades qu’il est temps de faire quelque chose pour le vacheval. Il est temps pour nous d’apprendre la bienveillance vachevale et peut-être aurons-nous la joie de goûter son eau. Vive le vacheval !

Panthèrenard
Cet animal à la queue rouge et à la tête noire hait les hommes qui lui rendent bien. Fort de sa ruse et de sa vélocité, il est l’empereur des bois et bien des hommes rêvent d’en apercevoir un.

Morserpent
Le morserpent est comme son nom l’indique un animal qui adore les grands ports. Ils adorent se coucher sur les bouées d’où ils poussent de grand cris rauques en agitant son immense queue. Cet animal a été jugé par les enfants de la terre comme étant le plus effrayant (sondage Sospi).

Chamollusque 
Le chamollusque va si lentement dans le désert qu’il frôle la mort à chaque caravane mais les hommes du désert savent son secret. Il suffit de le baigner dans l’océan à l’arrivée pour qu’il se ragaillardisse aussitôt.

Coccinéléphant
Un coccinéléphant est un insecte volant qui recherche les souris pour copiner avec elle et plus si affinités. Le coccinéléphant est connu pour sa grâce et sa légèreté. On le reconnaît à sa trompe rouge, ses ailes grises et ses six pattes fines qui étonnent au regard de son corps dodu.

III - Petite morale élémentaire

Haine chaude              Amour triste
Vide
Prisonnier froid              Solitude pleine
Parade
Oh
Scélérat
Oublie-la
Vite
Soleil doux               Océan joyeux
Vie

Catherine

Oup, oup, Oulipo 1


Atelier du 17 avril 2012 :

LOGORALLYE OULIPIEN



1/ 10 couples de mots – 10 phrases – 1 couple par phrase

Chaud/Froid – Haine/Amour – Ailleurs/ici – Vengeur/Bienveillant – Pluie/Soleil – Libre/Prisonnier – Joyeux/Triste – Montagne/océan – Méfiant/Confiant – Mou/Dur

Au bal des oxymores, l’orchestre souffle le chaud et le froid.
L’amour se transforme vite en haine.
Ici comme ailleurs, les peroxydées sont à leur paroxysme.
Les cavaliers se croient libres et ils sont prisonniers du bon vouloir des dames.
Dans leurs têtes, le soleil joue à cache-cache avec la pluie au gré des danses accordées ou refusées.
Alors, pour éviter la veste, certains sont prêts à soulever des montagnes, à boire un océan.
D’autres jouent aux durs sous leurs chapeaux mous.
Ils sont capables d’écraser sous leur talon vengeur le pied tendre d’un concurrent étourdi, tout en lui adressant  un inquiétant sourire faussement bienveillant.
Ces tristes sires s’en repartent ensuite tout joyeux, emplis d’espoirs de conquêtes.
Imbus et confiants, ils s’installent sobrement au bar, attendant patiemment le passage d’un gibier peu méfiant qu’ils traîneront sur la piste de danse en saluant crânement leurs rivaux déconfits.


2/ SARDINOSAURES

LA FOURMIGALE : Bestiole au nombre de pattes velues variant de 6 à 8, elle vit en colonies d’un individu qui tisse sa toile souterraine sur laquelle elle élève des champignons.
De nature belliqueuse, elle défend son territoire en injectant à ses ennemis un puissant venin. La fourmigale est prévoyante et fait des réserves de chansons tout l’été, qu’elle se chante au coin du feu l’hiver venu en se tissant trois ou quatre paires de chaussettes chaudes. La fourmigale est prêteuse et n’hésite pas à pratiquer des taux qu’elle révise régulièrement à cause de l’usure.

LE OUISTITIGRE :  Féroce prédateur des forêts équatoriales, le ousititigre est la terreur de la jungle. Farouche et solitaire, il passe d’arbre en arbre, inspectant jalousement son territoire. Les heureux miraculés qui ont réussi à lui échapper témoignent néanmoins de son grand sens de l’humour et de son talent à faire le pitre avant d’égorger ses victimes.

LE CONDORNITORYNQUE : Grand rapace à bec plat vivant au bord des ruisseaux de Patagonie, le condornitorynque se distingue par sa capacité à allaiter ses petits. La femelle, dès l’éclosion des oisillons, se met à la recherche d’une femelle à mamelles venant de mettre bas : brebis, vache, truie ou jument de préférence. Elle l’emporte délicatement fans ses serres jusqu’à son aire afin que ses petits puissent téter tout leur saoul. Le lait tari, elle dévore sa proie et repart en chercher une autre. Pendant ce temps, le mâle surveille le territoire et la nichée en empêchant des femelles concurrentes de voler le garde-manger familial.

Autres sardinosaures remarquables : Le RENARVAL, la JUMANTE RELIGIEUSE et l’ÉTALOMBRIC, l’HYPPOPOTAMANOIR, le ZÉBUFFLE, le CASTORTUE et le délicat GRIZZLIBELLULE.


3/ MORALE ÉLÉMENTAIRE PORTATIVE

Peur Bleue                       Colère Noire
Merde
Fleur Bleue                           Vian Rose
Touché

Cou 
Leurre
Bague
Audois

Cordon Bleu                           Coupe Rose
Constipation
  
 Alf



Oup, oup, Oulipo


Ateliers de la coquille
Saison 9 - 2011-2012 - n° 13 - 17 avril 2012
Oup, oup, oulipo


Petit moment de liberté où chacun s’étire, bouge, grimace, émet quelques sons, se masse avec volupté.
Chauffe sous contrainte. 
Trouvez chacun un mouvement qui implique la tête, le pieds gauche, le bras droit et le ventre. 
Restez dans votre mouvement jusqu’à le mémoriser et vous y sentir bien.  Continuez jusqu’à savoir l’enseigner aux autres.
Apprentissage des mouvements de chacun. 

1 - Apéro logo-rallye (parcours obligé)
Utiliser les 2 mots (du couple), à priori opposés, dans une seule phrase.
L’ordre du choix des couples est laissé à discrétion. En revanche, tous les couples devrons être utilisés.
Poème ou prose en 10 phrases, à vous la plume.
Chaud (-et-) Froid
Haine (-et-) Amour
Ailleurs (-et-) Ici
Vengeur (-et-) Bienveillant
Pluie (-et-) Soleil
Libre (-et-) Prisonnier
Joyeux (-et-) Triste
Montagne (-et-) Océan
Méfiant (-et-) Confiant
Mou (-et-) Dur

2 - Sardinosaure (vive les chimères)
Commencez par penser à deux animaux tels que la dernière syllabe de l’un soit la première de l’autre. Ex : taureau et rossignol, okapi et pigeon. 
Réunissez les deux mots, ce qui donne le taurossignol ou encore l’okapigeon. 
Les animaux ainsi conçus sont appelés de façon générique des Sardinosaures, du nom du premier de cette famille, inventé par Jacques Roubaud.
Écrivez un texte (poème ou prose) décrivant l’animal chimérique, en s’inspirant des particularités des deux parents de la chimère.
3 - Petite morale élémentaire portative 
Créée par Frédéric Forte, la petite morale élémentaire portative est une tentative de réduction de la forme morale élémentaire inventée par Raymond Queneau.
On peut la transcrire schématiquement comme suit :
S = substantif
A = adjectif
M = mot = S, A ou autre, au statut grammatical parfois ambigu.
V = vers de 1 à 4 syllabes

SA                              SA

M
SA                              SA

V
V
V
V
SA                              SA

M

Exemple 1 
Mur aveugle               Fenêtre sourde
Cache
Pièce muette               Acteur absent
Blanc

Moins qu’un
théâtre un
mouchoir de
poche

Scène vide                  Public aveugle
Rideau

 Exemple 2 
Patte gauche               Patte droite
Spécimen
Patte louche               Patte moite
Poétique

Cela a-t-il
assez la forme
d’un abdo
men
?
Patte moche               Patte froide
Insectoïde

4.4.12

Itinéraire bis

Ateliers de la coquille
Saison 9 - 2011-2012 - n° 12 - 3 avril 2012

Itinéraire bis



Chauffe balade, stop face à un autre qui se prolonge pas un touché 

1 - Pot de départ
Panier de mots autour du titre de l’atelier : itinéraire bis

2 - En route
2 par 2.
L’un est la carte, l’autre le promeneur-voyageur.
Le promeneur-voyageur sait ou ne sait pas où il va. Ses doigts, ma main indiquent le chemin parcouru sur le corps de l’autre. Il découvre le chemin au fur et en mesure ; ce qui lui passe par la tête est traduit par ses doigts et sa main. Il indique à l’autre le chemin. L’autre reçoit un trajet muet et crée son itinéraire à partir des sensations reçues.
Puis chacun se dirige vers la table d’écriture et narre le voyage. 
Pas de description de l’expérience, une histoire est née de ce vagabondage.

Pas de lecture

Retour au 2 par 2 en inversant les rôles. 
Même consigne : chemin, baguenaudage, don, réception, sensation, imagination

Contraintes 
Silence total
Vous vous donnez une consigne bien à vous que vous suivrez lors de vos deux écritures.
Style et genre littéraires libres

Lecture

2 - Itinéraire bis 
C’est le printemps, les routes convergent maintenant vers le désir…
Partez maintenant vers ce point ultime en prenant un itinéraire bis.

Contraintes
5 premières lignes : libre
6-7-8 lignes = 1 haïku (5/7/5)
9 à 15 : libre mais avec utilisation des 7 mots suivants : ruban, étape, trotte, œuf, voie, entrée, artère
16-17-18 = un nouvel haïku
19 à 24 = un fragment

Si vous souhaitez continuer ce voyage en toute liberté, en dehors de toutes contraintes, allez-y, voguez vers le désir.

Itinéraire bis 1

Atelier du 3 avril 2012
Itinéraire bis 


Promeneur

Je me souviens de ce couple qui courait l’un vers l’autre sur les trottoirs parisien lavés par la pluie. Ils couraient vers le cinéma de la place de l’Odéon. Ils étaient en retard. Il la vit la premier, son écharpe verte volait derrière elle.
Je me souviens de ce moment de confusion où ils se mirent à courir dans tous les sens. Ils avaient loupé leur séance et s’agitaient sur le pavé luisant jusqu’à danser dans une flaque citadine.
Je me souviens de leur départ vers ce grand voyage au sommet du monde. Là, où ils devinrent oiseaux.
Je me souviens de leur envol et de leur chute vertigineuse vers l’océan. Ils plongèrent ensemble en eaux profondes.
Je me souviens du Léviathan.
Je me souviens des dauphins.
Pourquoi sont-ils devenus sculpteurs ? Je ne me souviens pas. Mais c’est comme ça que ça s’est terminé : le marchand de pierre leur a vendu un beau morceau de marbre.

Territoire

Je me souviens de ce toc-toc sourd qui peinait à passer l’épaisseur du vieux bois.
Je me souviens vaguement d’une salle de bal où des danseurs de tango glissaient sur le parquet, le regard si loin à l’intérieur qu’il traversait les murs pour aller se perdre sur les quais de la Boca.
Puis je ne me souviens plus. Je vais donc inventer à moins que l’autre histoire si claire, si débridée ne réapparaisse.
Je me souviens juste du moment où je me me suis réveillée en femme-tronc sciée par un magicien quelque peu Mandrake.
Je me souviens j’étais vraiment un arbre et le bûcheron allait y laisser sa lame, j’étais indestructible.
Je me souviens à peine de l’Afrique, de ses tambours, de sa terre ocre et des murs vermillon. Il y avait du monde au village, ce jour-là. Je dansais sur la terre sèche et m’envolais dans des nuages de poussière.

Itinéraire bis

J’ai 20 centimes en poche et toute l’après-midi pour moi. 
Je suis libre, les rues sont à moi, les marronniers ont sorti leur hampes roses. 
Je m’arrête un moment devant la fontaine

Où jaillit l’eau claire
Les enfants jettent un caillou
Ça fait un flip-flop

Quand je serais grand, je serais tout sauf poète, j’en informe immédiatement mes artères. L’entrée du jardin est barrée par un drôle de bonhomme à tête d’œuf. Il trotte vers moi :” Viens vite petit, viens jouer, tu gagneras peut-être le ruban bleu ?” “Mouais, comment qu’on joue ?” “C’est un jeu en 7 étapes qui t’amènes sur la voie du guerrier” “Bof, j’y gagne quoi, tu dis ?” “Le plaisir”. J’hésite.

Quand la surprise vient
L’enfant n’est pas étonné
L’attente est si douce

Je me fous e son jeu, encore un grand qui veut me faire entrer dans son plan. Non, ce que je veux est là à dix mètres : c’est carré, peint en vert et sur le comptoir trône mille bocaux aux bonbons multicolores. Fondre sur une boule de coco et 10 lettres de l’alphabet en gélatine, le bonheur est si prêt.

Catherine

Itinéraire bis 2


LA CARTE ET LE VOYAGEUR


Je me perds si je m’écarte
Tu te délocalises
La cécité m’emparre
Par passion mon cœur palpite
Tu balises
On the road again, sans fausse note, sans un Kerouac
Tu me corromps à tâtons rompus
Haut la main, en virtuose
Tu t’autorises
Tu tentes, tu vires, tu oses
M’empruntes sans vergogne, à plein pogne
Tu masses mon éther et je rends grâces
À deux mains je supplie que tu me déplies
Que tu me mettes dans ta poche
Dans ta boîte à onguents
Baume, quand mon cœur fait baume
Un frisson me parcourt, fléché par Cupidon
Je suis ton territoire et tu as carte blanche
Bon plan


Arrêt demandé car la raie est demandée
Pile ou Face ? Monts ou vaux ?
Je m’échine, je m’escrime, je cherche un nouveau fourreau
À tâtons j’explore, craignant la ruade
Doucement je m’immisce vers l’itinéraire bis

Un sabre, un fourreau
Coulisse et feux d’artifice
Le ciel est si haut

Depuis longtemps l’idée me trotte
Mais je dois marcher sur des œufs
Y aller par étapes prudentes
Et si ce soir la voie était libre par l’entrée des artistes ?
Si je jouais à l’homme des cavernes
Pour chauffer mes artères et mon corps caverneux ?
Si j’explorais ta grotte ?

Piaffer à l’entrée
Emprunter la voie étroite
L’œil noir me regarde

Plaisirs interdits mais interdits de plaisir
Haletants et comblés
Les petites routes, les sentiers encaissés ont un charme certain
Capiteux capitons et nouveaux horizons
Une voie est ouverte

Alfred

Itinéraire bis 3


La carte 

Terreur, le vent nous assaille. La couture de la grand voile s'effiloche. Elle n'a jamais été aussi propre à force du fouet de l'eau salée. 
Le pont est comme le lit d'un torrent violent, sans cesse renouvelé par les vagues successives qui s'écrasent avec fureur sur le bateau tout entier. 
De loin, on ne distingue plus que le haut du mât qui tangue comme l'échasse d'un troubadour. 
Dans la cabine, personne ne bouge, ni ne pense à l'accalmie prochaine. Le voyage touche à sa fin. On ne croit plus en rien. 
Perdu au milieu de l'océan, c'est pourtant le meilleur endroit pour s'en tirer. Loin, très loin des récifs. Seul le capitaine le sait. Juste attendre. Un peu plus de patience qu'à l'accoutumée. 
Il se souvient encore, perdu au milieu de l'Indien, d'un interminable huit clos, 32 heures durant. En dehors de toute route maritime. 
... Il ne dira rien. L'expérience endurcit. Ceux là, ne croit plus ... en bien, une fois la terre calme revenue, la vie n'en sera que meilleure. 

Le voyageur 

Pugnace voyageur cherche vieux sage, sachant manier le bâton et l'épée, la percussion et le filet. 
Errance, errance, déshérité du bonheur, cherche cure de jouvence et tambours qui résonnent. 
Chemin, chemine, cheminée, départ de fumée, cherche envolée, ciel adoré.
Historien féru de livres, privé d'ivresse, cherche pagaie pour pagayer, canne pour pêcher, fange pour se vautrer, arbre pour escalader et femme pour ...
Beau parleur, animateur, cherche silence du soir et vaguelettes. Feux de camps et couettes .. pour dormir, dormir enfin. 
Voyageur cherche train à l'heure, bateau livreur, avion renifleur.
Sédentaire, c'est pour plus tard, pour dans la terre, lorsque la graine, bien au chaud, refera une histoire.

Itinéraire bis

La soirée et la nuit, qui tomberait bientôt n'avait ni plan ni comète. La voie lactée nous observait, et moi, je la désirais comme le tire bouchon une bouteille de Beaujolais. 
- Tu prends un verre de vin ? 
- Devin, tu l'es ! S'exclama-t-elle avec son sourire de pervenche. Oui, j'en veux bien un !

Viens petit oiseau
Apprivoise la sève
Viens, ne rougit plus

Dans mes artères le sang grondait et abaissait ma voix. Je percevais la voie comme une faible pente en forme de ruban. Une victoire d'étape ne me suffisait plus, l'oeuf n'est plus, il trotte à présent.

Un regard léger
Suivi d'une tendre pensée
et si on chantait ? 

23 heures, la voie lactée déchire le ciel d'une pensée divine. Accorde au son de l'entre choc, les corps qui font yin yang. 
Dans la cuisine, le tire boucon regarde, complice et dénudé, la bouteille endormie.

Yves