30.3.13

3 Voix




Je suis, depuis toujours je suis, sans discernement, sans savoir où cela me conduit
J’ai besoin d’avoir besoin, c’est là tout mon moteur
Je me souviens du chemin parcouru, depuis le grand départ, depuis le hall de gare

Suivre c’est confortable, c’est une voie d’avenir ; tant qu’il y a “à suivre” il n’y a pas de fin
Je me consume à consommer, c’est mon essence et c’est super
Dans un grand pet de vapeur, la machine a vibré, tremblé, craché, fumé et puis s’est éloignée du quai, tirant en ahanant les voitures de passagers

Pékin ? Et pourquoi pas…
Pékin ? Déjà mes appétits s’aiguisent
Pékin ? Par un chemin de traverses

29.3.13

Lucette




Quand les consignes s'emmêlent…
(Voir la consigne des portraits et celle d'hier)

J’ai 67 ans 
Je me souviens de mes classes à 45 élèves
Je suis Lucette, la petite lumière toujours mal garée

Je suis une baby boomer
J’ai en moi la joie du bébé en mémoire
Je me souviens des photos en noir et blanc

J’ai tout fait, révolte, libération, reddition, enfermement
Je me souviens de ce premier boulot à l’atelier
Je suis loin de tout ça maintenant

J’ai un lopin de terre
Je suis toujours ric-rac
Je me souviens d’hier distribuant les tickets d’entrée à la tombola

Je me suis éclatée toute la journée
J’ai fait le clown
Je me souviens des rires des gamins

28.3.13

A la découverte d’un temps perdu par trois « je »


Atelier de la coquille
A la découverte d’un temps perdu par trois « je »



Trois entrelacements, un récit…
Les 3 premières phrases commenceront alternativement par 
Je suis
J’ai
Je me souviens

Chaque « je » désigne un personnage différent 
(celui qui est n’est pas celui qui a ni celui qui se souvient.) 
Bref ça nous en fait trois. 

Au fur et en mesure du récit, les trois personnages « je » se frôlent, se rencontrent ou non… mais tous les trois partiront à la recherche d’un souvenir tenu, qui se refuse tout en se montrant confusément. 

Au départ, les trois personnages sont différents mais égaux dans le récit puis progressivement un des trois personnages peut prendre le dessus (la vedette) ou non.
Chaque personnage développe à sa façon la recherche de ce temps perdu, soit en parallèle, soit en se rencontrant. 
Que se passe-t-il ? 
Ne cherchez pas à maîtriser le récit mais tentez de vous laisser porter par les vies que vous avez créées, laissez le personnage parler à votre place. 
Prenez la posture du porte-crayon. 
Accueillez les personnages comme ils se présentent. 
La surprise est au détour d’une phrase qui s’écrit toute seule.
Tentez l’expérience hypnotique, vous écrivez dans un état second, vous laissez faire avec la ferme intention d’écrire ce qui vient. 

Relisez les consignes jusqu’à les avoir intégrées puis n’y revenez pas. 

Consigne : ne vous relisez pas pendant l’écriture, 
Chaque fois que la pensée se vide, fermez les yeux, pensez à autre chose et demandez l’ouverture des vannes… demandez à vos personnages d’apparaître et d’agir…
Ne dirigez pas le récit. 
Une seule intention compte : vous ne voulez pas, vous laissez faire. C’est l’expérience de ces personnages partis à la recherche d’un temps perdu, quasi oublié qui est le moteur de l’histoire…
Ne vous laissez pas dominer par les vides et les questions du mental, chassez-les délibérément.
Dites-vous que c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.
Sachez que vous pouvez le faire.
Il s’agit d’une expérience d’écriture et non de la rédaction d’une belle histoire et surtout il ne s’agit pas de « faire » du Proust.

Lecture en porte voix


25.3.13

Le jour où j’ai suivi une séance de coaching

Collage Marie-Andrée Pin, exposition en ce moment à Toulouse
Café Le comptoir, en haut des allées Jean Jaurès



Tirage Speed Stories
Libre - Je - Humain - recette et mode d’emploi

Je me présente

Pour cela
Je note, je dessine, je découpe, je liste, j’entre en lice, tour de piste

Règle du jeu
• Le plus souvent dans la journée, je prends un temps pour glisser un mot, une phrase, une image, un collage, un dessin, une chanson… sur un élément des listes ci-bas
• Au moins une fois par jour, sauf 2 jours par semaine, je m’offre 15 mn paisibles pour peaufiner mes listes (j’observe mes désobéissance sans m’accabler).
• Pour cela toute créativité et organisation de la récolte sont libres.
• Je conseille d’imprimer les listes, les répartir sur un cahier vierge et donner un nom à la Quête.

Retour sur soi

liste 1
ma vie professionnelle
ma vie personnelle
ma vie sociale
ma vie de chercheuse
ma vie sportive
ma vie d’artiste

liste 2
ma vie ratée
ma vie cachée 
ma vie oubliée
ma vie en doute
ma vie désordonnée

liste 3 
ma vie réenchantée
mes vies possibles
ma vie idéale

Retour vers les alliés

liste 1
mes maître-sses 
mes chapeaux bas
mes bouches bées
mes amis
mes inspirateurs
mes repères
mes racines

liste 2
mes horreurs
mes cracheurs de feu
mes ennemis
mes empêcheurs
mes censeurs

liste 3
mes légions d’honneur personnelles : 
je dresse la liste officielle de mes allié-e-s qu’il (elle) soit vivant, réel ou inventé, personnage, représentant, figure symbolique, bienveillante et souriante à mes côtés. Ce sont mes allié-e-s, ils-elles seront 12…

Retour vers le futur

liste 1
Mes idées folles
Ma vie rêvée
Ma vie curieuse
Ma vie joyeuse
Ma vie ailleurs
Ma vie en acte 
Ma vie en marche
Ma nouvelle vie

liste 2
mes fonds de tiroir
mes trous de mémoire
mes projets en sommeil
ma vie silencieuse
ma vie qui pousse

liste 3
Mes nouveaux allié-e-s du futur
Je les adoube, je m’énamoure
Ils sont 7, mes 7 merveilles, juste pour moi

Retour dans le monde

Ma vie en Paix

(là, je m’applique, je soigne mon texte)
Là, comment je suis à la fin de cet exercice ?
Le titre du texte est donc ma vie en Paix, il commencera par
Ce matin, je…

J’ai 1 mois pour moi. Go

20.3.13

Vive le printemps


Vive le printemps
que nos têtes fleurissent
que nos corps se dégourdissent
que nos cœurs se remplissent
de sève et d'amour

Eléonore




La fille des saisons

Je voyais bien que le ciel devenait rose de plus en plus souvent, mais je dormais dans mon hiver. Je grognais  en tirant sur mes manches. Je relevais mon col à chaque échappées dans le vent du jardin.
De mauvaise humeur dès le matin  quand mes yeux s’ouvraient sur le gris. Puis…le miracle. Il est venu, tout souriant, embaumé de senteur d’herbe fraiche. Il a agité sa main gantée de pollen juste devant la fenêtre de ma chambre. Du coup ce matin-là, pas de grise mine, pas de grognement d’ours, non, rien qu’un grand éclat de rire salvateur.
Remisé les vieilles peaux de laine à bouloches, jeté les vielles nippes trop larges et informes. Il reprenait possession de moi et je me donnais à lui. Je savais son infidélité, je savais qu’il avait parcouru le monde, fait le tour des continents pour dispenser ses amoureuses promesses à tous vents. Je savais, mais je pardonnais.
Il me donnait sa main tendre et douce, fleuri d’effluves suaves et je chavirais.
Il avait beau jeu le bougre. Et gagnait à tous les coups. Mais ce qu’il oubliait dans sa fierté de séducteur, c’est que dès le mois de juin je me jetterais plus amoureuse encore dans les bras si brûlants de son cousin : « l’été ». Et qu’avec lui je ferais mille folies
Mais peu lui importait sans doute, lui, ce qu’il aimait par-dessus tout c’était le jeu de la séduction, souffler sous des dentelles pour apercevoir de frais mollets juvéniles !
Moi, ce que j’aimais par-dessus tout c’était les parfums de fruits mûrs, les chaleurs qui libèrent les peaux moites et appellent la nudité flamboyante. Va mon joli printemps, va, fait le tour des océans, des montagnes et des pays lointains. Moi je garde l’été dans mon ventre et mes fantasmes, il m’accompagne tout le long de l’année. Il fait battre les tambours de l’Afrique dans mon sang qui cogne plus fort. Il me pénètre comme autant d’amants désirés. Je suis chair de grenade et chaque graine est fécondée.



19.3.13

Marie


J'écoutais Marie. 
Vive, précise, agacée et joyeuse 
Marie avait traqué la question face à l'étang
Bas lisait la Marie dans les rues de Bages
J'aime la voix rauque de Marie




Marie sérieuse

Le sens de la vie
Atelier d’écriture philosophique 200… 
Un texte face à une question
« Ma vie, la vie a-t-elle un sens ? »


Marie rêveuse

Je me promène cet après-midi entre les tombes de ce petit cimetière ensoleillé.
1903-1998
1957- 1982
Une date, un tiret, une date
La Vie est-elle juste un tiret entre deux dates ?
Que signifie ce petit tiret ?


Marie boulègue

Nous arrivons un beau jour tout nu, tout seul et nous repartirons un beau jour, peut-être pas tout nu, mais en tous cas, tout seul.

La Vie est une chance, c’est un chemin sur lequel on se retrouve et qu’il va falloir suivre. Peut-être, sûrement, va-t-on tomber, s’écorcher les genoux, les mains, s’écorcher l’égo, s’écorcher les bons principes et les belles idées mais, la Vie est plus forte. La Vie est toujours plus forte : le petit brin d’herbe va pousser à travers la couche de goudron, l’arbre va reverdir et le printemps revient toujours. Il faut savoir profiter chaque jour de cette Vie qui nous est donnée.

Les expériences que nous avons à traverser nous permettent de nous enrichir et d’apprécier toutes les sensations. On peut rire, pleurer, chanter, aimer, détester, avoir peur, mal aux dents, se révolter, s’énerver, avoir chaud, froid, faim, soif… La Vie est un terrain de sensations et de sentiments à explorer, à expérimenter. La Vie est une expérience vivante. Je ne pense pas être là pour autre chose qu’en profiter.

Et, un jour, c’est fini. Mais, je crois que le petit tiret entre deux dates peut être d’une intensité, d’une richesse et d’une profondeur qui en font un réel plaisir. Et la mort doit être juste un bon moment à vivre.


Marie révolte

( Ce texte n’est pas philosophique car pour moi, la Vie n’est pas un concept : tourner dans tous les sens pour découvrir un sens ? Je ne peux pas.)


18.3.13

Solenn



Fausse personne ou vrai personnage ? Je suis d'abord une personne. Si j'ose défaire le vrai du faux c'est bien que je suis - personne - non ?
Personne alitée, personne examinée, personne estimée, faux personnage peut-être, à re-nommer sans doute.
Pourtant cent personnes ne font pas un personnage. Encore moins un vrai.  Et comment créer mon personnage sans personne ?

Vous présentez mon poids sur le pèse personne, vous présentez mon âge, parfois, jamais vous n'apercevriez de moi, le vrai personnage.
Alors quoi vous dire ?

Le mieux me semble  encore de créer dès à présent, sans attendre personne, mon personnage. Sera t-il vrai ? sera t-il  faux? peu importe puisqu'il aura de l'allure.
Je lui donnerai la capacité comme personne de sortir du faux, ou du vrai selon qu'il lui faut, un portrait !
Je lui permettrai d'aller et venir, à la nage, du père au son. 

Je serai un peu vous aussi car j'emprunterai vos mots, ceux qui me résonnent.
Finalement, en un mot comme personne, ne suis-je pas déjà, un personnage ?


17.3.13

Michel




« Celle que j’étais hier au soir ne reviendra jamais. » Elle est sortie et moi je bloque sur sa phrase. Mettre au masculin. Être.

Hier au soir ? Je me sentais bien falot, assez anodin somme toute, un qu’on ne remarque pas. Pourtant je m’agite, parle fort, interrompt les conversations. Je suis un pauvre hère, un triste sire. Oui, c’est ça entre le rien et le tout. J’ignore l’équilibre. Je m’épuise mais rien n’y fait, je suis un transparent. 

Oui ma chère, hier au soir, j’étais comme ça mais c’est fini. C’est drôle comme tout peut changer en une nuit. Il suffit d’un rien, un pas de côté, un glissement à gauche, une pirouette à droite, un sautillement en avant et danse la vie. 

Il y a trois nuits, j’ai fait un rêve, I had a dream… tu vois ça m’aurait bien plu de me réveiller noir ébène avec de belles dents blanches qui flashent quand je souris. Mais non, ma gueule est restée en place, ma douleur dans le dos aussi. C’est autre chose qui a bougé, quelque chose de ténue, une part têtue qui a lâché, à moins qu’elle n’ait gagné. Je ne pense pas qu’il soit bon de chercher à comprendre. ÇA c’est passé et cette nuit, je suis… enfin… je ne suis plus… bref je crois… non j’en suis sûr… je n’ai plus peur. 

Je te vois sourire ! Non ce n’est pas rien, oui ça compte, arrête de rire. STOP. Je te quitte. Ça calme, hein ! Tu vois ne plus avoir peur, ce n’est pas rien, ce n’est pas grand chose mais ça change tout. Tes yeux de chatte ne me font plus trembler, tes moqueries ratent leur cible, je me sens tranquille. Cette nuit en t’attendant, j’ai surfé sur le net comme un jeunot de 17 piges et j’ai dégoté un billet pour Bangkok. Un seul. J’étais tellement fier de moi à 5 heures du mat, juste avant que tu rentres encore fumante d’une odeur de mâle épicé. J’ai préparé mon sac à dos pendant que tu glissais dans le sommeil sans une pensée pour moi. 

J’ai balancé un short, 3 tee-shirts et une paire de tong, ça suffira largement. Tu doutes ? Faut pas ! Le taxi m’attend. Je te laisse chérie. J’ai adoré ton mot. Il a valsé dans ma tête toute la soirée alors je t’en ai laissé un sur le guéridon afin que tu médites pendant mon absence « Celle que tu seras demain, pourra peut-être encore me plaire. » Ce n’est qu’un mot, il est sans garanti. 

Ciao chérie, je reviens dans 6 mois.

16.3.13

Yvo




Un maquis sauvage de pensées confuses ... Qui suis-je ?

Attributs physiques :
Le regard ... il vient du coeur,
la barbe et la moustache .. un leurre, une convenance personnelle,
la forme du nez ... une erreur sans doute,
du front ... aucune nouvelle,
les sourcils .... plutôt dociles, ne vous fiez pas aux apparences,
la nuque ... je ne la vois que très rarement : j'aurai du mal à en dire plus.
l'oreille ... je tiens ça de mon grand père. Il a fini sa vie sourd comme un pot. Pas de problème pour moi ... je place l'écoute à un tout autre niveau,
les cheveux  .. j'en veux,
la lèvre ... un peu brève,
les cils ... pareils à ceux de Cécile.

Pour le reste ... rien qu'une charmante symétrie, une illumination, des courbes appliquées : pas une méchante histoire en fin de compte.

15.3.13

Mise en place d'une consigne




Faites-vous plaisir, écoutez la petite vidéo de cet excellentissime site.


 Elaboration collective d’une proposition d’écriture sur le personnage.
(Extraits issus des débats à l’Atelier de recherche de Toulouse) 

À vous de prendre la proposition et d'interpréter la consigne

Catherine Lamarque-Manuel : je voudrais vous proposer quelque chose qui correspond à ma préoccupation du moment, écrire le portrait d’un vrai personnage à partir de sa fausse personne. 
Michel Fadat : je suis d’accord qu’on fasse ça mais on pourrait le faire à partir d’un peu de pratique, c’est-à-dire que «transmettre ce qu’on ne sait pas» ça reviendrait par exemple à essayer de transmettre quelque chose qu’on ne connaît pas... Est-ce que c’est possible ça ? 
Philippe Berthaut : avec «vrai personnage» et «fausse personne» il faut déjà comprendre l’intitulé...
Michel Fadat : ou alors quelque chose de l’ordre du faux témoignage, je ne sais pas...
Geneviève Rojtman : ou du faux «parler vrai»...
Georgette Kruzsinski : Aragon parle de «mentir vrai»...
Michel Fadat : c’est la question du style. Il faudra peut-être y revenir. Qu’est-ce qui fait le style d’un atelier, est-ce qu’il y a du style en atelier, les participants ont-ils du style ou pas ? Moi je pense que oui. 
Philippe Berthaut : est-ce que, toujours avec ce vrai personnage par rapport à sa fausse personne, on ne pourrait pas travailler sous forme de questions-réponses ?
Catherine Lamarque : un dialogue ? 
Philippe Berthaut : pas forcément...
Michel Fadat :  un vrai personnage c’est quoi ?
Georgette Kruszinski : c’est une fiction ?
Catherine Lamarque : on peut l’interpréter comme on veut. Je n’ai pas envie de préciser, justement. Il y a une double entrée...
Georgette Kruzsinski : cela suppose une distinction entre personne et personnage quand même. C’est peut-être à clarifier.
Michel Fadat : c’est le problème de la consigne floue. Je pense qu’on a arrêté quand même quelque chose : il y aura la forme question-réponse (j’entends bien que ça n’est pas du dialogue)...
Catherine Lamarque : pour moi, c’est le portrait d’un personnage écrit à partir de sa fausse personne. Après, ce qui est intéressant c’est de voir tout ce que ça ouvre chez les autres. C’est pour ça qu’en dire trop c’est dommage.
Michel Fadat : d’accord. Avec tout de même cette question qui a été dite, et ça aussi c’est quelque chose sur quoi on pourra revenir, c’est ce que j’appelle la persistance des inducteurs, c’est-à-dire que ce qui est dit, même si ça n’est pas repris dans le groupe, ça continue de travailler, par exemple ce qui a été dit sur l’ignorance et la distance... Comment arriver à parler de quelque chose qu’on ignore un peu ? On arrive bien à en dire quelque chose... On pourrait donc faire un texte sous forme de question-réponse, de l’ordre du portrait d’un personnage (alors là j’avoue que tant que je n’aurai pas écrit je ne pourrai pas en dire plus) et puis cette idée qu’on s’avance sur une description d’un objet qu’on ne connaît pas très bien. Sur le temps de l’écriture est-ce que quelqu’un a une proposition à faire ?
Philippe Berthaut : on pourrait rester dans un temps court...
Michel Fadat : Qui dit mieux ? Bon, alors une petite dizaine de minutes, ça va ? On démarre.


14.3.13

Luxembourg


Les deux flux en écriture

- le premier regroupe la philo, le récit (roman, nouvelle, conte…), type narratif, discursif (tient du discours). Il ne peut pas y avoir une phrase qui n’ait aucun rapport avec la précédente.
Il y a cohérence, continuité, transition.

- le deuxième flux regroupe l’écriture discontinue, dite souvent poétique. Il n’y a pas de continuité, on passe du coq à l’âne. En fait on laisse se produire d’autre type de liaison. Exemple Cézanne qui affirmait que la forme vient de la couleur. La forme vient de la juxtaposition des touches. Il peut y avoir récit sans narration.


Luxembourg

Au Luxembourg, ils ont sortis les orangers. Je ne veux plus être une biche, je veux chasser. 368 drapeaux rouges, maman me dit que c’est beaucoup. Je m’ennuie alors je m’invente des histoires où je suis reine. Marguerite m’impressionne, elle est dure et méchante mais sa robe est belle. Les poissons rouges. Le plus excitant, c’est explorer le sol sous les chaises vertes, les messieurs avec leurs poches en biais laissent tomber des sous alors je les ramasse et cours m’acheter des bonbons. Le temps des rendez-vous, est-il déjà là ? Près de la fontaine. Passer derrière les cupidons sans se faire voir des gardiens. Une fois je suis tombée dans le grand bassin. Annoncer sa mort à Emmanuelle, tango. Jamais je n’ai de bateaux à pousser, c’est pour les riches. Un tour en âne ? La province est à Paris. Le tennis du Sénat, un balle, pas cher, passe-droit, chic, jouer, oui. Pari, se laisser enfermer une nuit et trouver une entrée aux catacombes. En amoureux, c’est mieux. Ne pas oser cueillir une fleur mais arracher dans un grand cri le panneau pelouse interdite. Ils arrivent par milliers. Au printemps, il y a de la musique dans les kiosques, des fanfares, du jazz, des orchestres symphoniques. Faire pipi derrière les massifs. Vite, vite, faire des bombes à eau, c’est rigolo. Je tombe, les lanières de mes patins à roulettes sont trop longs. L’odeur des citronniers est celle que je préfère. Orangeraie, parfois un joueur d’échec veut m’apprendre les règles. Pas pour moi, me disais-je, pourquoi ? Je ne veux pas retrouver les rues sans arbre, les voitures, les marches à monter. Attraper un pigeon, impossible, j’ai tout essayé même le lance-pierres, chut. 17 ans et me prendre pour Simone en lisant le deuxième sexe. Adolescence, absolu. Le monde, le Monde,je me souviens du cri du marchand de journaux, je l’entends, là, maintenant, « le Monde », « le Monde », je l’entends, j’ai une jupe verte, des souliers bleus. Les marrons, ça fait mal. Les garçons sont cons. 



Et merci à Gérard De Nerval qui fait Écho en ce matin radieux.

Une allée au Luxembourg (1853)


Elle a passé, la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.


C'est peut-être la seule au monde

Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !


Mais non, - ma jeunesse est finie ... 

Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !



"She passed me, the young lady,
Lively and swift as a swallow,
In her hand a shining lily,
From her mouth a new song follows

She's perhaps the only one in the land
Whose heart to mine would react,
Who, taking my doleful hand,
With but a look would me impact!

But no, my youth is felled
Farewell, sweet sunray that shined upon me
Perfume, harmony, young mademoiselle.
Happiness has passed, - it will flee!"

13.3.13

Edith

http://www.youtube.com/watch?v=5G2LtPvPemw

Communauté Google, lancez, balancez, Edith jette ses filets sur la toile. Dehors la neige est arrivée, le feu crépite. Elle envoie des bouteilles à la mer virtuelle sur webring. Patience.

https://plus.google.com/u/0/105515097220415021121/posts


12.3.13

Alice

Somewhere in the cosmos
d'autres images magnifiques sur http://exper.3drecursions.com/tag/cosmos/


Éperdue des nuages, rêveuse solaire, Alice défiait l’astre depuis l’ombre du noyer. Alice partait en goguette dans l'univers, s’enthousiasmait devant mille galaxies puis revenait enrichie de poussières d’étoiles. 

Le jour, elle volait, baguenaudait dans les nuages et grimpait doucettement jusqu’au fin fond de l’azur ; la nuit elle voyageait au delà de la vitesse du son et ne s’arrêtait que devant un anneau de saturne où une étoile bleue. 

Elle passait pour une douce illuminée et n’en avait cure. Perchée en haut de la colline, elle avait fait construire un cube de verre au sommet de l’ancienne tourelle.  Le résultat était incongru mais satisfaisait Alice au delà de toute espérance. Elle avait laissé filé son mari, un pilote de ligne préférant ses hôtesses. Depuis Alice se baignait dans son cosmos jour et nuit.

Les heures où elle ne voguait pas, elle les consacrait à harmoniser le décor de la maison avec ses visions célestes, ça lui avait valu un succès médiatique suivi de propositions de décoration en tout genre.  Ses points de vue sidéraient ses clients qui adoraient son style inimitable. Jamais elle n’acceptait de chantier sage et convenu, et plus elle restait fidèle à ses envolées, plus elle avait du succès.

Mais cette nuit-là allongée sur son divan, Alice ne décolla pas.