31.5.13

Iris

Hommage à Iris Apfel, icône de la mode new-yorkaise,
qui ne doit pas être du tout comme ça.


J’ai longtemps aimé être invisible, je me permettais tout et personne n’y prêtait attention. Ça m’arrangeait bien. Depuis quelques temps, j’ai cessé d’être invisible et j'ose beaucoup. Ça crée bien des réactions : des sourcils qui se haussent, des rires qui se gaussent, des nez qui se plissent, j’en suis toute surprise mais je l’avoue, je me régale. On me voit, on m'accoste, on me touche, on m’embrasse. C’est bon de dépasser les épreuves. Je me sens toute jeunette,  je me maquille et m’habille de frais. Du temps fantôme, j’ai gardé le goût de l’espièglerie, du sourire large, lumineux et du mektoub. Maintenant j’ai des réponses, les rires pleuvent, les invitations font légion, l’amour est là, je n’ai qu’à savourer. Aujourd’hui est un grand jour, se dit la vieille. Elle a raison, croire en soi, vient de surcroît.
Reprise des portraits, qu'on se le dise.
Cette fois-ci, en "Je"

30.5.13

Fragment 11




Il y a une musique, un peu classique, un peu fado. L’auto-radio saute à toutes les ornières, je n’ai jamais vu ces couleurs. Le cuivre donne le vert, le fer le rouge, arrête de chercher. Sur le lac blanc les flamands dorment, immobiles sur une patte, la tête sous l’aile, l’image d’une aquarelle japonaise se superpose. L’altitude me joue des tours, le ciel est lourd, suivre la trace, là-haut, si haut, les nuages caressent les collines. 
La Pachamama sourit à l’ombre d’un volcan, reflétant son calme et sa beauté sur un lac sombre. À chaque col, les lacs se la jouent, ocre là, bleu plus loin, vert émeraude. Ici le minéral épouse l’eau et autour, les rochers se prennent pour des aigles. Je ne peux pas parler de rêverie mais d’une sorte d’ultra-concentration. 
Dans le 4x4, le silence des hommes nous rassemble. Les ronronnements du moteur nous bercent, rassurant les visiteurs d’en-bas, noyés dans l’air des cimes. Le soleil se couchent, nous allons nous arrêter plus loin au milieu d’une plaine vide où un carré blanc nous attend.

28.5.13

Fin mai




Le printemps, c’est vert
Du côté de St Sever
On se pèle un max 
Aux environs de Dax

Les brebis se gavent
Pas de blues sur la pelouse
Les poules se gaussent
Du cochon ronchon

Les patates se hâtent
Les tomates se tâtent
Les petits pois sont verts
Les fraises ne la ramènent pas

Le potager ça rajeunit
Bon an, mal an
Le bon air est dans le pré
Quand on n’a pas de crédit

Alfred

27.5.13

Je suis un sujet, je veux être un verbe




Je suis un sujet, je veux être un verbe
Passer à l’action et partir en conjonction
Prendre la vie à bras le corps et changer de décor
Je suis sujet et je suis verbe
Ma parole agite mes bras en croix
Je crois, je crois
que mes bras annoncent mes mots
que mes mains lutinent l’air
que mes pieds trépignent
que mon ventre rigole
Sujet, verbe pour quel complément ?
pour complimenter la vie tout simplement


26.5.13

Brèves de crise Orpheline

Ce sont les feuilles qui font le vent

J'ai pris refuge dans ma solitude
comme j'aurai pris le train un matin, 
ignorant toute destination.
J'ai fui, j'ai enfoui, j'ai erré, 
loin sous la mer, sous latence,
mes habitus, mes addictions, mes différences.
J'ai construit mon Etat, ma Paroisse,
en marchant sur ma honte, en courant vers mes peurs,
mes chemins sur-tracés de rêves cabossés,
justifiant ma bonté, appréciant ma prison,
j'ai suivi l'espoir comme on suit le mouton.
J'ai craint chaque troupeau et sa tendresse,
chaque chimère de chaque caresse,
m'endormant sous l'étoile d'un berger,
hors père bienveillant,
j'ai guidé mon coeur et mon foie,
nourri mes formules et ma foi,
comme j'ai pu, seule dans l'autre temps.
Brèves de crise Orpheline,
si je nie je m'assassine.

Solenn

25.5.13

cahiers




Je me souviens du cahier vert, petit format, grands carreaux, c’était celui d’histoire. Le bleu était pour les mathématiques, le rouge pour le français. 
Aujourd’hui, j’en ai acheté trois sans carreaux et j’ai recommencé. Cahier vert, celui des souvenirs, des fragments déterrés, des petits bouts d’histoires recomposées, j’ai confiance, il se remplira vite. Le jaune est destiné aux équations du moment, genre dans quel état gère, là, ici, maintenant. Il est un peu brouillon, un peu souillon. Le vert est pour les vers, les bribes de romans, les désirs, c’est mon cahier créatif. Demain ou bien plus tard, je vous donnerai de leurs nouvelles… plein de nouvelles.

16.5.13

En parcourant l'album photo



Quand la bourrache tourne le dos, la limace se faufile vers le jardin
Plantons-en aux 4 coins du potager 
et les salades seront pour nos petits museaux

15.5.13

Souvenir

« Ecrire, c’est inventer avec des souvenirs. » Jean d’Ormesson

Je me souviens d'une culotte Petit Bateau, c'était la plus douce, celle que je garderais jusqu'à mes 100 ans. Depuis j'ai navigué sur des petits bateaux, sur des gros aussi, j'ai croisé des caps, tiré des quarts, hissé des voiles, viré de bords, gîté jusqu'à la nausée. Aujourd'hui, tous les bateaux se confondent seule flotte à l'horizon de ma mémoire cette culotte.


Illustration Béatrice Mallet

6.5.13

Une nuit, j’écoutais…


Une nuit, j’écoutais la radio Ici et Maintenant. Luc Bigé me berçait de sa voix monocorde pourtant je ne m’endormais pas. Je grappillais, un mot, une phrase, une ouverture sur l'inénarrable réalité. Je jouais au ping-pong et m’envolais vers un de mes dadas : imaginer des consignes d’écriture, les suivre et les partager. 
À force d’en imaginer, il m’en arrive de toute part, par contre je ne prends pas toujours le temps de noter. Cette nuit là je me suis endormie. Maintenant, je vais chercher le lien pour écouter de jour les excellentes interviews de Laurent Fendt et je vous glisse une inspiration née d'un passage de l'interview.

Voilà mon premier partage

http://snovae.free.fr/spip.php?article351

Trace n° 1

la lettre = le symbole (l’envers du diabol)
le mot = le dieu, la déesse
la phrase = le mythe

avec ses 3 références, laissez courir et pour commencer, taquinons le symbole…

L'homme pense parce qu'il a une main. Anaxagore (500-428 av. J.-C.)

http://www.paperblog.fr/4114091/sur-les-traces-des-compagnons-et-des-artisans-a-luxey-40/

A - Aride quand elle est majuscule
a - Si aimable quand il est minuscule

B - Ma foi, il est général
b - j’aime son petit air anglo-saxon

C - est capitaine en son bateau
c - inclut tout ce qu’on peut

D - sort ses chaînes
d - appelle son petit coussin

E - voilà les elfes
e - je pense qu’ils arrivent

F - fait la fête
f - sort sa canne

G - si opulent !
g - oui

H - les têtes tombent
h - comme une douce évasion


… je continue de mon côté
à vous, laissez-vous aller vers le symbole. Je suis gourmande, déposez votre cueillette dans les commentaires.

Liens radio