30.6.13

Les langues de terre



Il était une fois une femme appelée Sarah. Enfant, elle vivait sur une langue de terre à l’Ouest de la grande plaine, derrière les hautes montagnes dont on dit qu’elles touchent le ciel et face à l’océan, trop impétueux pour qu’on en dise grand chose. 
En ce lieu isolé loin des communautés, Sarah avait grandi. 
Elle était la fille d’un esclave lapidé pour avoir tenté d’être un homme libre. Sa mère, désignée complice, avait juste eu le temps de la cacher dans le trou d’un chêne avant d’être condamnée à rejoindre les contrées de l’Est servir d’autres maîtres. Une vieille femme découvrit l’enfant.

28.6.13

Haïku alexandrin




Aujourd’hui, j’ai introduit les petites bêtes
Des unicellulaires, tout simple, tout vert, tout frais
Dans 300 jours, j’aurai de cet alcool de fête

26.6.13

Une chaussette orpheline rencontre un gant orphelin




- Chère Madame, veuillez pardonner l’outrecuidance qui me pousse à vous aborder
d’une façon aussi cavalière mais j’ai l’irrésistible impression de vous avoir déjà
rencontrée … Vous n’avez pas toujours servi à passer le café ! Me trompé-je ?

- Votre sagacité vous honore, Monsieur, et vient remuer des souvenirs enfouis. J’ai en
effet connu la gloire, aux temps heureux où ma sœur était présente. Hélas, ma
maîtresse a connu des revers de fortune et nous voici toutes deux ravalées à de bien
tristes besognes. Ainsi, moi, fille d’Écosse, me voici réduite à vivre dans l’humidité
amère et permanente d’un infâme moût noirâtre. Mais ma plus grande honte est de
voir ma chère maîtresse s’abîmer les yeux à me repriser. J’en pleurerais de rage…
Bast, assez parlé de moi ! Que fait donc une personne de votre qualité dans ce triste
endroit ?

- Je cherche mon frère, l’auriez-vous rencontré ? Un superbe gant droit, comme moi
millavois. Mon maître, un baronnet au sang chaud, l’a, un jour maudit jeté
inconsidérément aux pieds d’une fine lame qui releva le défi. Le duel fut épique, le
sang coula des deux côtés. Mon maître, bien que blessé, l’emporta, mais à quel
prix ! Il avait, sans le savoir, occis un archi-duc. Il dut changer de vie, changer de
nom et de condition. Je n’ai jamais revu mon frère.

- Nous servons les humains, nous attachons à eux, partageons leurs destins… Nous
nous sommes effectivement déjà rencontrés, Monsieur. Je suis la chaussette de
l’archi-duchesse !

23.6.13

Je suis née



Je suis née
Bulleuse dans l’âme
Pendue en l’air, j’ai chopé la peur du vide
Adieu matrice, bonjour maîtrise
Ai-je pris la vie au sérieux dès le début ?
Je suis née
Elle a souffert
A-t-il sourit ?

Je suis née
c’était fait
Et pas une fée
S’en était fait de moi
J’ai su la solitude

Je suis née
comme une fleur le jour du printemps
Ça m’a accroché un sourire en coin
Il ne me quitte plus
Même quand il s’inonde de larmes

Je suis née
Ainsi soit-il
Le choix a disparu
La vie a surgi
Je l’ai suivie
Tout d’abord, j’ai joué la prudence
J’ai fermé ma gueule
J’ai observé
J’avais l’air d’un bonze
Je ne l’ai pas suivi
Mais j’ai continué à sourire
Avec ça, on m’a foutu la paix
Manger, manger mes doigts et choisir mon pouce
Ne me pousse pas, je te suis, sois contente
Je m’en contenterai, en attendant

Je suis née, en attendant
Quoi ? Là est la question
Foutue question, à botter dehors
Un jour

Je suis née un seconde fois
Je me suis crue libre
Alors j’ai pris un calibre
Un bon gros calibre à mot
Et j’ai tiré sur des lignes
Traqué des virgules
Shérif, je fus
Juge suprême des mots d’autrui
Outrecuidance
Je danse
Double verrou
lié de l’intérieur
À bride abattue
Je suis restée longtemps déçue

Depuis que je suis née
Mais pas question d’avouer
Raideur cachée et fausse souplesse, j’ai enfourchées
Pôv lonesome cow-girl, j’ai filé doux
J’ai filé loin, direction les étoiles
Les toiles blanches de mon imagination

Je suis née fantasme
Rêvée fantasque
J’ai obéi
Mais à l’intérieur, quel cinéma
Mes nuits blanches n’y ont pas suffit
Alors j’ai attaqué le clair-obscur
Et là, patatrac
Quand ya du clair, ya de l’obscur
Sacrée vérité
Vérité sacrée, je te traque maintenant
Presque avec certitude, j’oublie l’incertitude
Voler, sentir et prendre place
Éternel présent
Là où l’aile du papillon caresse ma joue et le singe caresse ma main, 

Je suis née
Bien sûr, ça gueule toujours dans ma ménagerie
Mais, j’ai pris goût à débusquer mes très chers animaux
Je ne les renvoie plus aux oubliettes, 
je les tire au sec et je les aime
Souvent, ça me fait mal de les regarder en face
je n’ai plus le choix
Je renais chaque jour grâce à eux

Naître dans un cocon
C’est pas coton
Tendre le fil de soi
Pour construire sa foi
Combien de fois remettrais-je le fil de soie sur l’ouvrage ?
Qu’importe puisque la vie est là même si parfois je l’oublie dans l’effroi
Je m’emploie, je me déploie et m’aperçois
Ça ne va pas si mal que ça
Ça va même d’espoir en exploit

Je suis née
Ce soir 
je m’assois sur quelques rimes en wouah 
et ne sais plus comment surseoir
Surseoir, mais qu’est-ce que ça vaut dire ?
Surseoir
Suçoir
J’ai tant sucé mon pouce
Ça me ferait une belle fin
Remettre à plus tard
Non
Écrire sans faim et sans fin pour toucher l’infini de moi.

Je suis née
Sacré voyage
Voyage sacré
Plus palpitant qu’à mes 20 ans
Pouf, pouf, pouf
Taperai-je encore 3 fois pour ouvrir le rideau ?
Non maintenant, il se baisse pour ce soir
Qu’importe puisque je suis arrivée
Je suis née


Sortie du fin fond de l'ordi
Apparition

22.6.13

Ah france-cul…

Site patient à découvrir

Ah france-cul…

Toujours là pour soulager les trop longues journées pluvieuses, son ton docte, ses perles, ça parle…
En préparant la trame du stage de Juillet au Beyssac (plus que 2 places), je dérive et laisse flotter les mots. 

Écrire juste avec son oreille…
Lancez-vous

Cloche tinte, tinte plus
Gazouillis 
symphonie percuvent
50 oiseaux dans la fosse
Pas de fausses notes
Si
Moteur squad
Blong le chat revient sur le clavier
Lancé de chat
Aie retour griffe

ÉCRIRE POURQUOI EN RÊVONS-NOUS

18.6.13

marcher la syllabe


jo, jo, jo
jod
jodo
jodone
jodonerai

jo, jo, jo
jobar
jobarde
la barbe

jo jo jo
joli
joba
je danse

je mache
j'hommage
Jodorowky

je salue un maître



15.6.13

Les hormones des poules




Les hormones des poules et non pas les poules aux hormones

Il paraît que personne ne sait ce qui déclenche la couvaison. 
C’est moche ce mot, la couvade, je préfère pour aujourd’hui.
Comment une poule devient clouque ? 
Clouque, encore un mot à moi, un qui traîne dans la famille, un truc d’un coin.
Poule couveuse disent peut-être les manuels d’élevage ? 
J’y connais goutte en matière de clouc.
Donc montée d’hormones et hop la poule devient clouk.
Pas très loin de nous somme toute.
Couvons l’infou.

Écrire par Hervé Piekarski




Extraits d'un texte de mon maître 2002, respect

Écrire

Écrire est difficile.
Écrire n’est pas et ne sera jamais donné à tout le monde. Si écrire était s’exprimer alors écrire serait le fait de tout le monde.
Ecrire n’est pas s’exprimer ; écrire n’est pas non plus le privilège d’une caste d’ayants droit, légitimes, souvent auto-proclamés. Eux savent ce que l’écriture est. Nous ne le savons pas. Eux savent, comprennent quelque chose au monde.

Nous sommes ignorants.
Un réseau s’est constitué autour de la nécessité de travailler au plus près de cette ignorance, là est le travail de l’œuvre.

L’écrivain est peut-être celui qui ne sait pas se servir des mots.
Ce non-savoir n’est pas une errance lorsqu’il devient écriture il devient expérimentation.
Expérimenter la langue non comme savoir mais comme ignorance interrogatrice est l’objet des ateliers d’écriture.

Nous ne savons pas ce que la langue peut.

Nous savons que l’écriture fait de nous une question.

L’espace de l’écriture doit devenir ce qu’il n’a jamais été, un espace public… 
Le problème n’est pas de rendre la parole à qui que ce soit. La parole ne manque pas.

La langue manque. La langue n’est pas une institution, n’est pas une autorité.

La langue est ce qui apparaît parfois dans la déchirure que produisent certains écrits. 
Nous ne savons pas d’où, de qui l’écriture peut venir.

Toujours est-il que depuis l’aube des temps l’écriture vient, le son vient, l’image vient, le corps vient, le sens vient. Le sens n’est pas l’objet d’un savoir. Le sens est une création.

(extraits)
Hervé Piekarski
Ecrivain, poète et animateur d’ateliers d’écriture

11.6.13

Fils de…




Fils de…

Bélier, 
tête contre-tête 
Front à front
Jeune et vieux mâles ne bougent plus

Immobiles
Jauge
le jeune ose
le vieux accepte
se mesurent-ils ?
s’estiment-ils ?

Le plus âgé balance un coup de tête
Le jeu cesse
Jeune et vieux reprennent la quête de l’herbe

Père et fils ont replacé les limites
Amour

10.6.13

Où sont les fils de…



Pompistes ?
Bourreaux ?
Tous aux bureaux
fils d'informaticiens
de psychothérapeutes
levez les lièvres
taquinez la biche
ouvrez les portes
Pour les fils de…,

2.6.13

Bizz, bizz, bees



Abeilles des villes et des champs
Pour vous, tout fout le camp
Avec vous, reprenons le chant 

Une nouvelle aventure commence, suivez-nous sur 

1.6.13

20 juin, écrire à Hossegor




Un atelier d’écriture sur la plage
Écriture d’un jeudi
Écrire en chemise sur la plage à Hossegor
Parions pour un soleil doux
Pour un rendez-vous au bar de la plage, 
place centrale à 18h, jeudi 20 juin 2013

Muni d’un carnet et d’un stylo, nous nous reconnaîtrons et partagerons des moments d’écriture créative
Mot vague, récit qui roule, déambulation sur le sable, l’océan inspire, laissons-le faire

L’atelier s’achèvera 10 mn avant le coucher du soleil, c’est à dire à 21h40 
Inscription auprès de Catherine Manuel-Lamarque, animatrice aux Ateliers de la coquille
Tarif 7 €
Groupe limité à 10 personnes

Réservation au 05 24 62 92 99 ou 06 46 33 65 23 
Laissons les marées de mots descendre et monter et suivons les mouettes et les baleines