27.7.13

Un instant à New-York



New-York grouille, on se débrouille à petits pas fourbus ; 
on s'embrouille les mots et on rigole, tant pis si on n'a pas compris ; 
on bidouille des itinéraires le nez en l'air, on magouille avec la Metro Cart ; 
on se bouscule devant les couilles du taureau sur Broadway mais vous ne les verrez pas.


16.7.13

Adèle


Souvenirs de stage
Pour le tirage du jeudi soir, j'ai sorti mon jeu et le hasard nous a mené vers l'érostisme, que demander de mieux avant de se coucher !

Devant le choix de l'illustration, je passe à gauche et opte
pour un autre angle : notre écrin d'écriture
Tirage
17 lignes - Prénom - Émotion - Érotique

Adèle était belle à dépiter les curés
Adèle était chaude à faire rougir les puceaux
Adèle était docile sauf pour les imbéciles
Adèle était brûlante à s’y roussir les ailes
Adèle était vivante, fondait sous les caresses
Adèle avait des fesses à s’y polir les mains
Adèle avait des seins doux comme des coussins
Adèle avait un con signé et même estampillé
Adèle aimait l’amour comme on aime le vin
À en perdre la tête, à y retrouver Dieu
Adèle offrait son corps comme une communion
Dans une épiphanie cent fois renouvelée
Adèle était la myrrhe, l’or et l’encens
Offerts à nos jésus à ses yeux déifiés
Nous aimions tous Adèle qui nous le rendait bien
Dieu a rappelé Adèle, fait de nous des athées
Même si nous savons depuis à quels seins nous vouer 

Alfred

15.7.13

Vous prendrez bien quelques bienouillances

Issues du dernier atelier dit gourmand, voici 2 recettes de bienouillance ultra-secrètes enfin révélées.


Recette de la Bienouillance I
Les secrets ne nous ont pas été transmis. Mais l’on se souvient (on = vieilleries nées avant 1955) que les dames du catéchisme dans les années 60 avaient lancé la mode de ce biscuit pour recycler leurs restes de nouilles.
Le jeudi jour de congé et de catéchisme (car congé à l’époque ne voulait pas dire s’amuser ou rester sans rien faire) , pour récompenser les enfants turbulents qui se tiendraient tranquilles, elles leur promettaient ce petit gâteau croquant trempé dans l’eau bénite.
Les mamans appréciaient à leur retour l’air bienheureux affiché sur la tronche de leur marmot enfin angélique.
Le vendredi les institutrices constataient que le dressage des bambins était grandement facilité. Les gosses ne posaient plus de questions impertinentes et rendaient des copies sages dans les strictes règles de la nouillance de l’éducation nationale.
Mais le printemps 68 est venu perturber ce train-train monotone et la bienouillance est tombée dans l’oubli.
Les notions d’inventivité et de fantaisie ont fait leur apparition.
Décryptage par Jacqueline



Recette de la Bienouillance II

Remercierons-nous jamais assez le grand Marco Polo de nous avoir introduit sa nouille ?
À force dʼobstination, il a su contourner les refus. Son culot légendaire lʼayant poussé à explorer de nouvelles voies, il nous permet aujourdʼhui encore de péter dans la soie.
Fortement imprégné de culture grecque - je veux parler dʼhellénique - il aurait pu faire son trou à Ephèse mais les sirènes occultes de lʼOrient le poussèrent au train et il décida dʼaller rouler sa bosse sur le dos dʼun chameau. Rien ne put lʼarrêter dans sa traversée car lui même nʼentravait rien, il était déchaîné.
Il traversa lʼInde au pas de course bien quʼil nʼy bouda pas son plaisir, avant dʼatteindre la fin de son voyage aller tout bronzé. Cʼest à son jeune âge quʼil dût cette acmé juvénile. Ses racines italiennes - il était blond vénitien par sa mère et napolitain par caprice - lui permirent dès lors dʼévoluer comme un poisson dans lʼeau dans ce quʼil est convenu dʼappeler lʼEmpire du Milieu. 
Cʼest pourquoi il se mafia des sourires jaunes et bridés de ses hôtes.
-Ma foi, ils ont lʼair hépatiques, se dit-il in petto. Je vais coller à lʼétiquette pour éviter tout faut-pas. 
Il décida de se prosterner le front au sol avant de se retrouver dos au mur. Cʼest dans cette position quʼil reçut les hommages du jeune empereur intérimaire qui, comme chacun sait, aimer jouer les bouche-trou. 
Notre héros allait protester mais sa dénégation véhémente se transformant en cri de douleur, il poussa un grand “ NNN....OUILLE !” sur un ton pénétré. 
Bien vite pourtant, la première émotion passée, cʼest dans un râle médusé quʼil vécut un véritable coup de foudre avec le Fils du Ciel. Les historiens rapportent quʼil eut dès cette époque lʼintuition géniale de rajouter du beurre dans les nouilles. Désormais introduit, il faisait partie du gratin. 
Plus question pour lui de tourner autour du Pô, ni même du Yang Tsé : les règles nʼavaient plus dʼimportance.
- Au début, on en Chi mais après cʼest tout Qong… commenta-t-il, jettant ainsi les bases de lʼénergétique.
La recette historique de la biennouillance était née :“Accepte de laisser l'ennemi sʼintroduire afin dʼen recueillir lʼénergie. Les siècles passant, le terme est tombé en désuétude, on parle aujourdʼhui de diplomatie.

Décryptage par Alfred


14.7.13

Je me souviens de…


C'était vendredi 12, c'était la première chauffe apéritive de ce dernier atelier dit "gourmand". Il a viré vers le non-sens et l'absurde, quelle belle tranche de mots
Bientôt sur les ondes quelques recettes de "Bienouillance"
Merci Claude pour cette série et ta grande obéissance aux consignes




Domaine du Beyssac Juillet 2013

Je me souviens de la piscine du Beyssac
Je me souviens de du nepeta fleuri en bordure
Je me souviens du cèdre capiteux et de son ombre accueillante
Je me souviens de l'herbe haute en arrivant
Je me souviens du potager en deux espaces aménagé
Je me souviens de la rue des mariés heureux
Je me souviens de de la grosse table de chêne devant la piscine
Je me souviens du ping-pong avec Solenn
Je me souviens des poulets d'Elisa à découper.
Je me souviens de la guirlande du jeudi qui avait disjoncté
Je me souviens des grandes et lourdes tables à déplacer
Je me souviens que j'étais intimidé
Je me souviens du premier échauffement:j'avais rien pompé
Je me souviens de mes bouteilles d'eau citronnée
Je me souviens de la plume blanche pour les couleurs
Je me souviens des grillades et des pommes de terre en Rob des champs
Je me souviens de la piscine encore fermée le seul jour ou j'ai voulu y aller potron minet baigner
Je me souviens du tracteur qui fendait le bois d'à coté
Je me souviens des chips et des cacahuètes grillées
Je me souviens de m'être ,la nuit, peu levé
Je me souviens des hémérocalles jaunes
Je me souviens d'être content de ce que j'avais écrit
Je me souviens de l'arrosoir, du jardinier
Je me souviens des WC du rez-de-chaussée
Je me souviens de la tablée dans la cuisine
Je me souviens des lunettes et des chapeaux d'Hind
Je me souviens des boucles torsadées de Solenn
Je me souviens d' un rire isolé d'Alfred
Je me souviens du prénom d'Isabelle
Je me souviens du vélo et du pied de Marie Paule
Je me souviens du pantalon de Rob, oublié
Je me souviens de Djelem(?) si bien chanté,Merci Sylvie
Je me souviens de Barbara en jupon pêche
Je me souviens des petits déjeuners avec Catherine et Jacqueline. Encore du café ?
Je me souviens d'Alice et d'un scorpion nommé désir ! 36 heures de délire
Je me souviens de moi devisant Devos sous mon chapeau
Je me souviens qu'il a plu mon texte mis en forme
Je me souviens  les yeux bandés mais pas le reste
Je me souviens des tables rondes, trois pour ne rien négocier
Je me souviens des tisanes fleuries et fruitées,jaunes et rouges.
Je me souviens de ma trousse de toilette que j'avais oubliée
Je me souviens de cet aller-retour vite fait, bien fait
Je me souviens de promenades à tout noter
Je me souviens des baignades sans rien noter
Je me souviens des yeux bleus, des yeux verts, des yeux marrons, et des Yeux Noirs
Je me souviens des vocalises de mon menton
Je me souviens d'avoir écrit comme un troufion
Je me souviens d'avoir vidé beaucoup de mes sacs au Beyssac
Je me souviens de vous à Picarrou
Je me souviens ,c'était en Juillet et comme moi vous écriviez !

Claude

Ruban d'images n°1

Mode d'emploi pour chausser des chaussons de gazon




Faire le vide et laisser apparaître
Dans le parc, j’agite le mouchoir et pousse un cri pour signaler le changement.
Silence absolu pendant tout le déroulement

1 - Marchez à votre rythme, l’attention fixée un sol (faites quand même attention à ne pas vous cogner). Gardez la tête la plus disponible possible au vide, au rien. Le sol n’est pas le sujet, il est la toile de fond. 
La méthode est simple : marchez normalement, laissez passer vos sempiternelles pensées, retenez les plus inattendues, incongrues, surprenantes, étranges, étrangères… 
Arrêtez-vous net et notez-les. 
Tentez de ne pas trier, ni juger. Établissez ainsi une liste de mots ou groupes de mots, ne partez pas en écriture. Captez ou tentez l’inattendu.
2 - Reprenez la marche, cette fois-ci d’un pas soutenu, le regard fixée vers l’horizon, videz, respirez et captez. Quand l’étonnant, l’incongru, l’inattendu, surgit, stoppez net et notez, ainsi se formera une nouvelle liste.
3 - Reprenez la marche tout doucement, le nez au ciel, détendez-vous, inspirez, soufflez, laissez faire, notez.
4 - Écriture libre pendant un certain temps…

Surtout, surtout, plongez dans l’expérience, fuyez le sens habituel, laissez papouiller, cueillez, soyez indulgent, faites le plein de mots, de sensations, de vision, de chant, remplissez votre panier

Tutto lo resto e gia poesia…





J’ai enfilé mes chaussons de gazon
Pour marcher sur l’herbe coupée
Pour marcher dans le vide
Sur la pointe de mes pensées
Je me suis fait une fleur
Un nuage
Un papillon
Je me suis fait trouffion
L’œil rivé sur l’horizon
Levé la tête, baissé le front
Calmé le flux, monté le son
Tâté du pied mon champ de vision
Erré sur la Terre
Gobé la lune
Envié les oiseaux
Ils n’obéissent qu’à leur chanson

13.7.13

Je suis un scénario à moi tout seul


“Je suis un scénario à moi tout seul”

Et si j’en devenais le co-auteur ?


Autre titre chuchoté
“Vous vivez comme un con ? Écrivez comme un dieu”


Travail sur les personnages
Focalisation sur l’héroïne ou le héros, sa quête, ses épreuves, ses engagements, ses réussites et ses échecs
Initiation au jeu des poupées russes
S’exercer à rester sur le chemin et s’exercer à en sortir pour tenter de mettre autre chose en route
In fine, ler lerrah, allons vers nous-même, au-delà de nos personnages

Travail sur le récit
Angle serré sur nos narrations, nos tics, nos trucs et nos combines
Comment nous justifions nos points de vue 
Comment nous faisons la sourde oreille et fermons nos yeux aux autres perspectives
Savoir sortir des pièges tendus comme des bonbons sucrés
Aller de l’extrême détail à l’universel

Les outils de l’écriture créative
Une autre écriture après les bancs d’écoles
Libérer votre créativité et vos écritures
L’apprivoiser, la reconnaître, l'honorer 
Écriture automatique, non-sens, décalage, contraintes et libertés, nos sens en action…

Les mots du corps
Donner de la chair et servir son corps
Relaxation et mise en mouvement
Accompagnement vers le sensible, le caché, l’équilibre dans l’instable
Collaborer avec les émotions 
Le cœur a ses raisons que la raison ignore, hé oui

Je vous offre 
De découvrir ma boite à outils
De journaliste, d’auteur, de chercheuse, d’accompagnatrice
D’enrichir la vôtre
Connaissez-vous bien tous vos talents ?
Vous rendez-vous compte de cette écriture unique et universelle qui est en vous ?

Je propose
Un cadre, une attention, une observation
Un travail de groupe et un travail personnalisé

Organisation 
Prévision en cette après-midi de touffeur landaise
5 we entre octobre 2013 et mai 2014 
Ou un résidentiel en intensif sur 5 jours
Ou ce qu’il reste à inventer
(dates à venir en septembre)

Lieu : très probablement au domaine du Beyssac
Ailleurs si vous connaissez un lieu propice pour entreprendre l’aventure de l’écriture vers soi et en dehors de soi
Je me déplace facilement à partir d’un groupe constitué de 6 personnes
J’aime beaucoup le triangle Bordeaux - Toulouse - San Sebastian 

85€ par jour pour les frais de préparation et d’animation
(le prix peut être majoré en fonction des distances et des conditions)

Frais d’hébergement variable en fonction des lieux propices à ce travail de co-auteur
Ristourne aux fidèles et aux bâtisseurs de groupe

Contact pour toutes interrogations
Les Ateliers de la coquille
cmlamarque@gmail.com



7.7.13

Stage d’écriture créative au Beyssac du 8 au 12 juillet 2013



Un lieu à part pour une belle tranche d’écriture 

Écrire en stage, pourquoi, comment ?

Histoire d’aérer les projets en cours
Histoire de tenter l’aventure
Histoire d’oser
Il y a toujours une bonne raison pour prendre la plume 
S'entraîner, poser les idées, parler de soi, du monde, laisser une trace, inventer des histoires, vivre l’expérience, ouvrir les possibles…

5.7.13

Dérive




J’ai vu des tortues dans le ciel, des rides sur mes mains.
Temps avant l’absence.
J’ai goûté des pétales de roses, approché les caresses de la lumière, respiré la connaissance première de la vie.
Vaguelettes autour d’un petit bonheur simple.
J’ai philosophé sur des questions essentielles telles que la ressemblance des gouttes d’eau entre elles. J’ai goûté les gouttes, c’était doux. 
Plats ou salés, mes arguments étaient sans détour.
Corps laiteux, ventre de glaise, langue de braise.
Je n’ai écouté personne. 
J’ai parlé de cette nervure verte et ocre.
La vois-tu ? Qu’y-a-t-il à voir ? 
Une ligne de vie végétale ou un poison ? 
Et dans cette femme écrasée et mouillée, voir l’extase ou la souffrance ?
Dans cette errante découverte de la lumière. Peut-on voir ou ne pas voir ? Entendre ou non. Sentir ou vomir. Plaisir ou ennui.
Miracle de la forme, je saute dans l’image de ma mémoire bleue.
Aucun carré vert, aucun carillon, j’ai la nausée et mal à la tête. 
Je quitte la parole et serpente dans les nuages.
J’ondule, m’imaginant algue ou pétale. 
Mes bras brassent le vent, une corde me rattache à la terre. Mains ouvertes sous le ciel tailladé de béance. 
Je pense à ma maison aux tuiles rouges, à mes enfants qui philosophent devant la mare aux nénuphars.
Bulles invisibles, volutes de sagesse dorée.
J’enlève mes bas résille. 
Ma peau est marquée comme celles des putains déportées aux Amériques. 
Le cul dans la prose, je ne vois plus rien, je ne sens plus rien. 
Je suis une ombre grise, lentement je m’échappe.